Le groupe Kassatly-Chtaura, qui produit quelque 60 millions de bouteilles par an (Freez, Buzz, Beirut Beer…) vient d’inaugurer sa station d’épuration des eaux usées.

«Auparavant, nous retraitions les eaux usées de notre site industriel grâce à des bassins de sédimentation, un procédé assez rudimentaire », reconnaît Samer Harmouch, directeur des opérations du groupe Kassatly.

Sommairement assainies, ces eaux étaient ensuite rejetées dans le fleuve Litani, à quelques kilomètres de l’usine Kassatly, via le réseau d’égout. «En 2015 toutefois, le ministère de l’Environnement a établi des normes plus strictes en matière de retraitements des eaux usées pour les entreprises du secteur industriel. Nous devions donc nous y conformer.»

Installée sur un terrain  dans le prolongement de  l’usine de Chtaura, la station d’épuration d'une superficie de 450 m2 a demandé un investissement d’un million de dollars, financé par un prêt à taux réduit accordé par la Banque centrale. 

Elle  peut retraiter 250 à 300 m3 d’eaux usées par jour. «Compte tenu de notre activité, aujourd’hui, elle n’en filtre cependant que 160 m3 quotidiennement», ajoute le directeur des opérations.

Kassatly a opté pour le procédé  dit de Cyclic Activated Sludge System (CASS), une technologie qui tient notamment compte de la forte saisonnalité de l'activité industrielle du groupe. «Nous avons lancé un appel d’offre. Une dizaine d’entreprises internationales ont répondu. Et c’est finalement la proposition de la joint-venture belgo-hollandaise Global Water Engineering qui a remporté le contrat», précise  Reem Kassatly, directrice commerciale du groupe éponyme. 

Une fois retraitées – le cycle d’assainissement dure une journée environ - ces eaux sont à nouveau envoyées dans le réseau d’égout. «Mais elles peuvent aussi être utilisées pour irriguer les surfaces agricoles ; ce qui n’était pas le cas auparavant», note Ghida Boulos-Kassatly, directrice marketing du groupe.

Les boues d’épuration, seuls déchets finaux, peuvent être employées comme compost agricole - le groupe Kassatly envisage d’établir sa propre unité de compostage - mais peuvent également terminer en décharges. Elles sont soumises à des tests journaliers de la part de l'entreprise et des contrôles aléatoires du ministère de l’Environnement afin de vérifier leur non-toxicité.

Dans son passage à un meilleur retraitement des eaux usées, Kassatly s'est appuyé sur le Lebanon Environmental Pollution Abatement Project (LEPAP), une initiative chapeautée par le ministère de l’Environnement. Financée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la Banque mondiale et le gouvernement italien, cette initiative soutient logistiquement et financièrement les entreprises privées dans leur démarche environnementale.  Dans le cas présent, LEPAP a financé les audits et les différentes expertises pour déterminer quelle technologie mettre en œuvre.

L’inauguration de cette nouvelle station d’épuration intervient alors que le ministre de l’Industrie Waël Abou Faour a annoncé vouloir fermer l’ensemble des usines ou des centres industriels de la région du Litani qui n’étaient pas conformes aux normes environnementales en vigueur d’ici la fin de l’automne.

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